Question 0972 (26.10.2010) de Mme Marie-Josée Frank et M. Léon Gloden (CSV) concernant la maison médicale dans la région Est du Luxembourg
Les trois maisons médicales du pays, situées à Ettelbruck, Luxembourg et Esch-sur-Alzette, ouvertes depuis presque deux ans à l’initiative du Ministère de la Santé avec l’appui de l’AMMD rentrent dans un système de garde qui permet au patient de consulter un généraliste pendant la nuit et le weekend. Ouvertes donc en dehors des heures habituelles des cabinets médicaux, les maisons médicales prennent en charge tout ce qui ne justifie ni l’intervention d’une ambulance, ni les services d’urgence des hôpitaux, l’objectif étant de couvrir l’ensemble du territoire avec une structure hospitalière de proximité.
Or, dans la région Est du Grand-Duché il n’existe toujours pas de maison médicale, avec l’effet néfaste que les soins médicaux primaires n’y sont pas garantis en permanence. Au vu de ce qui précède, nous aimerions poser les questions suivantes à Monsieur le Ministre de la Santé et de la Sécurité sociale:
- Monsieur le Ministre n’estime-t-il pas qu’afin d’éviter toute discrimination interrégionale et afin d’assurer un accès égal aux soins de santé, la région Est du Grand-Duché devrait disposer aussi d’une maison médicale?
- Sachant que Monsieur le Ministre semblait jusqu’à présent plutôt réticent vis-à-vis d’une maison médicale dans la région Est, pourrait-il envisager la mise en place d’un centre intégré de soins primaires à l’instar du modèle qui existe en Catalogne?
- Monsieur le Ministre ne partage-t-il pas l’avis que l’on devrait faire une cartographie de l’offre des soins primaires médicaux (y inclus les pharmacies) du Grand-Duché?
Réponse (1.12.2010) de M. Mars Di Bartolomeo, Ministre de la Santé
Je voudrais d’abord rappeler ma réponse à la question parlementaire n°0494 des honorables Parlementaires (cf. compte rendu n°10/2009-2010) dans laquelle j’avais notamment avancé l’idée de compléter le service des maisons médicales par des cabinets de groupe installés dans des localités plus éloignées d’une maison médicale, voire dans une région non urbaine. Il m’importe dans ce contexte d’informer Madame et Monsieur les Députés que le Gouvernement entend encourager cette initiative par l’inscription d’un crédit au budget de l’État de l’exercice 2011.
Dans le cadre du service des maisons médicales qui vise à assurer un service de remplacement de nuit, des fins de semaines et des jours fériés par des médecins-généralistes, quelque 14.500 interventions sous forme de visites médicales à domicile, et qui s’ajoutent aux consultations sur place, ont été effectuées entre le 1er décembre 2008 et le 30 avril 2010. Étant donné que ces interventions ne restent pourtant pas cantonnées dans un espace géographique déterminé, alors qu’elles ont précisément lieu sur l’ensemble du territoire, je ne saurais suivre les honorables Parlementaires lorsqu’ils exposent qu’en raison de l’absence d’une maison médicale proprement dite située dans la région Est, les soins médicaux n’y seraient pas garantis en permanence. Le concept d’un centre intégré de soins primaires, tel qu’il est conçu en Catalogne (Espagne), et auquel font allusion les députés, offre des soins à visée pluridisciplinaire. Ce concept, qui comporte également un volet social, repose d’ailleurs sur le principe d’une médecine salariée.
Cela étant précisé, je voudrais rappeler qu’au Luxembourg, et à l’instar du système mis en place par les autorités catalanes, tout patient dispose en règle générale de la faculté de consulter un médecin, et de surcroît d’avoir accès à des soins primaires endéans trente minutes. À cela s’ajoute que cet accès est garanti vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, tant par le système des maisons médicales que par le service de garde hospitalier. Je tiens à informer finalement les parlementaires que leur idée qui consiste à dresser une cartographie
de l’offre de soins primaires existant au Luxembourg trouve mon appui.