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Le quotidien - Un secteur qui garde la forme
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Source: Le Quotidien
Date: 26.02.2009
Url:
http://lequotidien.editpress.lu/news/125/ARTICLE/2542/2009-02-26.html


Un secteur qui garde la forme

 
 
Mars Di Bartolomeo a présenté, hier, la 4e conférence nationale Santé, qui se tiendra la semaine prochaine, ainsi qu'un sondage réalisé par TNS ILReS sur la satisfaction des patients.

De notre journaliste Liliana Miranda

S'il y a un thème qui sera sans doute abordé au cours de la 4e conférence nationale Santé prévue pour mercredi prochain, ce sera forcément le Plan national santé. Ce dernier n'a jamais fait l'objet d'une loi, le ministre du ressort préférant l'inclure dans un «processus permanent», comme il l'a lui-même souligné. Mars Di Bartolomeo n'hésite d'ailleurs pas à avouer qu'il profitera de cette occasion pour tirer un bilan de son passage par la Villa Louvigny. Hier, il s'est notamment félicité d'avoir collaboré avec plusieurs de ses collègues du gouvernement. Et d'avoir conclu des partenariats avec des entreprises, des communes ou encore des fédérations sportives. Le tout, au nom de la promotion de la santé.
En ce qui concerne la prévention, il a rappelé être à l'origine de la loi antitabac et de la loi interdisant la vente d'alcool aux moins de 16 ans. Les cancers de l'estomac et du col de l'utérus ont quant à eux fait l'objet de campagnes de sensibilisation. Après avoir incité les établissements post-primaires à mettre des préservatifs à la disposition des élèves et avoir autorisé la pilule du lendemain en vente libre, Mars Di Bartolomeo songe désormais à rendre les moyens de contraception gratuits pour les moins de 25 ans.
Avec l'introduction d'un contrôle de qualité et une meilleure répartition des tâches, le milieu hospitalier a lui aussi subi des changements. «Le plan hospitalier sera publié au Mémorial dans les prochains jours», a encore précisé le ministre.
Dans les semaines à venir, le docteur Rössler, directeur de la clinique psychiatrique et universitaire de Zurich, présentera, comme il l'a déjà fait dans le passé, un rapport sur la psychiatrie au Luxembourg, et plus particulièrement sur la poursuite de sa décentralisation.
Si Mars Di Bartolomeo défend d'ores et déjà son bilan, TNS ILReS a mené, début janvier, une enquête sur la satisfaction des patients. Et à en croire les chiffres, les habitants du Grand-Duché ne tarissent pas d'éloge sur leur système de santé. Ils ne sont que 35% à dire qu'il faut mener à bien des «changements fondamentaux», voire une véritable réforme. En Allemagne, par exemple, le taux d'insatisfaits s'élève à 78%. Les Luxembourgeois ont plus à redire que les immigrés résidant au Grand-Duché, ces derniers étant souvent habitués à des systèmes de santé bien moins généreux. Plus le niveau d'instruction des patients est élevé, plus ils sont satisfaits des soins qui leur sont proposés.

Des médecins qui
répondent par courriel

Tandis que le nombre de personnes ayant arrêté de prendre des médicaments à cause des coûts que cela représente reste marginal au Grand-Duché (1 %), ce phénomène semble être courant aux États-Unis. De l'autre côté de l'Atlantique, 25 % des patients auraient déjà fait cette expérience. Les chiffres sont identiques lorsqu'il s'agit de connaître le taux de personnes qui ne consultent pas de médecin à cause du prix de la consultation.
Parmi les patients soignés au Grand-Duché, 12 % affirment ne pas avoir dépensé un seul centime en frais médicaux au cours de l'année passée. Ils sont 9 % à avoir déboursé plus de 1 000 euros. À noter que 5 % des habitants du Grand-Duché ont déjà ressenti de «sérieux problèmes» ou même l'«incapacité» de payer des factures médicales. Or, le remboursement de ces mêmes factures donne parfois lieu à des conflits. L'année passée, 13 % des patients ont été confrontés à ce problème. Les taux sont similaires au Canada et en Allemagne. Seul le Royaume-Uni connaît moins de conflits de ce genre.
Qu'en est-il de la disponibilité des médecins? Au Grand-Duché, plus de la moitié des patients arrivent à être consultés le jour même où ils en font la demande. Le Canada compte parmi les pays où l'on doit attendre le plus avant d'être pris en charge.
Le Luxembourg bat tous les records quant à l'utilisation des courriels. Plus d'un quart des patients ont déjà choisi ce moyen de communication pour entrer en contact avec un médecin. Dans les autres pays, cette pratique est encore loin d'être répandue. En revanche, les habitants de l'Allemagne ont pris l'habitude d'accéder à leur dossier médical par voie électronique, ce qui reste très rare au Grand-Duché.
Obtenir des soins en dehors des horaires de bureau semble être beaucoup plus facile au Luxembourg qu'ailleurs, même si les patients sont, en moyenne, pris en charge plus rapidement en Allemagne ou aux Pays-Bas s'ils se rendent aux urgences.
Au Grand-Duché, neuf patients sur dix attendent moins d'un mois avant de subir une intervention chirurgicale qui n'est pas jugée urgente. Les délais d'attente sont plus longs dans les autres pays.
Pour 16 % des patients, le traitement recommandé par le médecin n'a eu que peu ou pas d'effets bénéfiques. Les autres pays connaissent des taux similaires.
Indépendamment de leur pays de résidence, la plupart des patients ont un médecin de famille. Un professionnel qui, dans la plupart des cas, connaît leurs antécédents médicaux et reste joignable par téléphone.
À cause d'un manque de coordination, 15 % des patients ont déjà vu un médecin leur prescrire des analyses récemment effectuées par un de ses collègues. Cela arrive moins souvent dans les autres pays.
D'une manière générale, les habitants du Grand-Duché estiment que les médecins expliquent «les faits de façon compréhensible» et qu'il passent «toujours suffisamment de temps» avec leurs patients.
 

Source: Le Quotidien 26.02.2009